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le blog de Chrissy

Tout ce qu'une femme n'ose pas dire ouvertement, ses pensées, ses expériences, ses choix, ses opinions, ce qu'elle aime , ce qu'elle déteste...tout ceci sans être censurée ou corrigée par de pseudo lecteurs ...

VOL LIBRE OUI, MAIS....

Le parapente, ça vous parle?

Cet été j'ai décidé de me laisser tenter par ce sport de haut vol.

L'année dernière déjà en passant une journée en montagne j'observais ces vastes oiseaux des cieux planant au-dessus de nos têtes, majestueux, silencieux, montant et descendant au gré des courants d'air , virevoltant , défiant les lois de la pesanteur.

C'était décidé, mon prochain sport sera celui-ci.

Me voilà donc sur la piste de décollage, observant les nombreuses ailes s'élevant lentement dans les airs. Un, deux, trois pas et hop...la voile s'élève, se gonfle, orgueilleuse, elle fait la roue et se pâme sous mes yeux, avant de prendre son envol, comme pour me narguer.

Mon moniteur, Rémi, me briefe pour le décollage, je ne l'écoute que d'une oreille tant je suis happée par ces volatiles. Ma foi, pourquoi l'écouter, après tout ça a l'air tellement simple!

Je me laisse donc harnacher: sangles entre les jambes, sur les épaules sous les fesses, casque, j'ai l'impression d'être devenue un bonhomme Michelin. Si j'avais voulu jouer les top modèles , c'est raté! J'ai plutôt l'air de sortir de la bande dessinée "on a marché sur la lune" où on s'attend à voir surgir Tintin, que d'un défilé de mode!

Bref, je mets de côté l'accoutrement, l'attente, l'absence d'ombre, pas le moindre petit morceau d'arbre ou d'arbrisseau pour se protéger du soleil qui, désabusé, en profite pour me mitrailler de ses rayons lumineux. Je suis surexcitée.

Enfin, c'est mon tour, j'avoue que mon impatience grandit. Je me retrouve attachée à une voile gigantesque, accrochée au moniteur qui me fera faire mon baptême. Alors? C'est pour quand? Quand est-ce qu'on décolle?

" On y va" me dit il soudain, "Cours..."

Courir? A pied? Mais après quoi? Ne suis-je pas venue pour voler? Le temps que je me pose toutes ces questions, l'autre, derrière moi, me pousse, il a commencé à courir...oui, disons qu'il aurait pu courir si je n'étais pas restée scotchée au sol, me demandant comment faisaient les autres. Alors la voile se gonfle, je lui résiste, le moniteur me pousse...et patatras! Nous voilà en roulé-boulé, dans un enchevêtrement de pieds de bras, de jambes...on en a perdu nos têtes. Quant-au parapente, si beau dans le ciel, il ressemble à un animal blessé, les suspentes emmêlées, la voile chiffonnée, et le moniteur exaspéré... C'est presque la première fois que ça lui arrive de rater un décollage pour un baptême, il peste, ne comprend pas...ou plutôt ne comprend que trop bien que j'en ai fait qu'à ma tête!

Evidemment nous avons dévalé la pente, qu'il va maintenant nous falloir remonter à pied... pfff... et tout recommencer depuis le début. Déjà je suis saturée, j'abandonne, je rends mon tablier, on m'a coupé les ailes... Bon an , mal an nous arrivons sur le déco, il installe son aile, consciencieusement pendant que ses collègues tentent de me convaincre de faire une nouvelle tentative.

Malgré moi, je me retrouve harnachée de nouveau, et cette fois, je cours! Oh oui mes amis ! Je cours tellement que même après avoir décollé mes jambes tricotent encore en plein ciel. C'est Rémi qui finit par me dire: " Heu...je crois que tu peux arrêter de courir, on vole maintenant..." Je sens l'ironie dans sa voix, alors seulement, j'ouvre les yeux, et vois le sol s'éloigner de nous.

Hourra! On a réussi! Je vole !

J'admire le paysage, j'apprécie le silence, l'air frais...Mais ma joie est de courte durée. Que se passe-t-il dans mon corps? Quel est cet état soudain fébrile? Mais non, je ne rêve pas, je suis prise de nausée, j'ai le mal des transports....

Rémi me parle, mais je ne lui réponds plus, vite que ça se termine je pense. Hélas, il m'annonce: "on a de la chance! il y a de supers thermiques, on va pouvoir voler plus longtemps et survoler le lagon..." Quoi?!!!! Plus longtemps??? Mama mia, non, pitié ! Par la barbe de Saint-François, je promets d'être gentille si on atterrit maintenant. J'ai le cœur qui chavire, l'estomac au bord des lèvres, le foie qui fait l'ascenseur. Qui donc a inventé ce sport? Voilà ce qui se passe quand on essaie de prendre possession d'un élément qui n'est pas le notre, on se brûle les ailes. Moi ce ne sont pas mes ailes qui brûlent, mais Moi !!! Je brûle d'envie de rouer de coups cet escogriffe qui n'est pas capable de comprendre que je vais de mal en pis. Je ravale mon orgueil et.j'ouvre enfin la bouche pour lui demander de redescendre , mais je n'ai pu ravaler que mon orgueil...le reste de mon petit déjeuner lui, est ressorti...retapissant la combinaison du moniteur...ça lui apprendra!!!

Rémi peste: "Tu aurais pu me prévenir !..." Mais c'est ce que j'essayais de faire gros nigaud si tu arrêtais un peu de parler !

Vol écourté, nous voilà en voile réduite pour un atterrissage d'urgence. Mais Eole ne l'entend pas de cette oreille, et malgré la voilure restreinte, nous passons de thermique en thermique, toujours plus haut, toujours plus loin, mon estomac secoué au rythme des "bip, bip" du vario indiquant que l'altitude ne fait que grimper.

Ne me demandez pas si j'ai apprécié le dentelé de la côte vue du ciel, ni la végétation luxuriante, ni même les tortues qui nous offraient pourtant un ballet magnifique dans l'eau claire de l'Océan Indien, non... Demandez moi de vous parler de la plage où nous avons finalement touché terre.

La mine défaite, le teint jaune, l'œil glauque, non, je ne pourrai pas faire la promotion du parapente! Je me laisse glisser vers le sol et c'est à genou dans le sable que j'attends qu'on me libère. Jamais une plage ne m'a semblé si belle, un sable si accueillant. Je m'y suis allongée, me délectant des sensations du doux zéphyr sur ma peau, de la caresse des grains de sable sur ma joue...Ah le plancher des vaches! Il n'y a pas à dire, c'est quand même là qu'on est le mieux!

Si le parapente vous tente, assurez-vous de ne pas avoir le mal de l'air pour apprécier les bienfaits du vol libre. Car, croyez-moi, "libre", ce n'est pas vraiment le mot que j'aurais employé quand le ciel me retenait prisonnière.

Finalement cet été je crois que j'adopterai la vie à l'italienne: Ramazzotti, antipasti, amaretto et amore.... la dolce vita quoi !

VOL LIBRE OUI, MAIS....
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À propos

Chrissy

L'humour, les mots j'en fais mon affaire...La langue de bois, je ne connais pas. Fatiguée d'être censurée, j'ai décidé de faire profiter, à ceux d'entre vous qui n'ont pas peur des mots, à ceux qui sont capables d'aller au-delà d'un paragraphe de lecture, de mes pensées, de mes élucubrations.
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